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2007年9月15日土曜日

Au Japon, les candidats à la succession de M. Abe se déclarent

Au Japon, les candidats à la succession de M. Abe se déclarent
LEMONDE.FR avec AFP | 14.09.07 | 09h13

La bataille pour désigner le prochain premier ministre japonais s'intensifie. Vendredi 14 septembre, un vétéran de la scène politique, le modéré Yasuo Fukuda, a officiellement annoncé sa candidature. Agé de 71 ans, il a été le porte-parole du gouvernement de 2000 à 2004. "J'ai reçu de nombreuses sollicitations et j'ai décidé d'être candidat. Aujourd'hui, le temps est vraiment à l'urgence", explique-t-il. Fils de l'ancien premier ministre Takeo Fukuda, il est considéré comme très influent au sein du Parti libéral-démocrate au pouvoir.

L'ancien ministre des affaires étrangères Taro Aso, 66 ans, s'est également déclaré. Considéré comme un "faucon", il a été nommé fin août secrétaire général du Parti libéral-démocrate (PLD), ce qui fait de lui le candidat naturel pour prendre la suite de M. Abe. Toutefois, M. Aso compte de nombreux détracteurs, même au sein de son parti, soulignant que ses convictions nationalistes ne le différencient guère du premier ministre partant.

L'actuel ministre des finances, Fukushiro Nukaga, 63 ans, qui était également candidat, s'est retiré de la course vendredi et a apporté son soutien à M. Fukuda. Le prédécesseur de M. Abe, Junichiro Koizumi, qui était parvenu à ressusciter une droite affaiblie en 2001 et que beaucoup aimerait voir revenir au pouvoir, s'est pour sa part refusé à retrouver son précédent poste.

Le PLD élira le 23 septembre son prochain président qui deviendra automatiquement le premier ministre du Japon à la place de M. Abe, hospitalisé jeudi dans un état de stress et d'épuisement extrêmes.

 

2007年9月13日木曜日

Au Japon, Shinzo Abe démissionne du poste de premier ministre

Au Japon, Shinzo Abe démissionne du poste de premier ministre
LE MONDE | 12.09.07 | 10h50 • Mis à jour le 12.09.07 | 10h50

Shinzo Abe aura à peine duré un an à la tête du Japon. Le plus jeune chef de gouvernement (52 ans) de l'après-guerre, servi par une allure de play-boy qui lui avait valu une exposition flatteuse dans les médias avant son accession au pouvoir, a présenté sa démission, mercredi 12 septembre à Tokyo, lors d'une conférence de presse.

La pression sur son cabinet, miné par une série de scandales et cruellement déconsidéré dans les sondages, était devenue insoutenable. M. Abe a annoncé simultanément son départ de la direction du Parti libéral-démocrate (PLD), le grand parti conservateur japonais dont il avait pris la tête en septembre 2006.

Soucieux de hâter la transition, il a indiqué avoir demandé au PLD de "sélectionner un nouveau président le plus vite possible". L'actuel numéro deux du PLD et ex-ministre des affaires étrangères, Taro Aso, issu de l'aile droite du parti comme M. Abe, est favori pour le remplacer.

L'annonce du départ de M. Abe vient sanctionner une série de déconvenues qui avait pris ces dernières semaines l'allure de débâcle. Le point de non-retour avait été franchi avec la démission pour malversation financière, le 3 septembre, du ministre de l'agriculture Takehido Endo, la cinquième d'un membre de son cabinet en un an.

Ce nouveau départ avait d'autant plus marqué les esprits que M. Endo avait succédé à deux autres ministres démissionnaires – mis en cause eux aussi pour corruption – dont l'un s'était suicidé. Ces défections en chaîne avaient ajouté à l'érosion d'une popularité déjà gravement entachée par l'éclatement de scandales, dont le plus retentissant avait été le fiasco de la gestion des retraites.

COLMATAGE

Illustration du désenchantement ambiant, le PLD avait perdu, fin juillet, la majorité à la Chambre haute (Sénat) au profit du Parti démocrate du Japon (PDJ), l'opposition de centre-gauche. M. Abe avait bien tenté de restaurer son crédit en procédant, le 27 août, à un remaniement de son cabinet, prenant alors le parti de s'adosser davantage aux chefs de clan du PLD. Mais l'opération de colmatage a échoué. Selon une enquête réalisée le week-end dernier par le quotidien Yomiuri, moins de 30 % des Japonais approuvaient son action.

M. Abe avait succédé le 26 septembre 2006 au flamboyant Junichiro Koizumi, artisan d'une plus grande affirmation du Japon sur la scène internationale mais dont les réformes économiques avaient aggravé la fracture sociale. Proche de Koizumi, M. Abe était issu d'une dynastie familiale qui l'avait affilié au courant le plus droitier du PLD.

Il ne faisait pas mystère de sa volonté de réformer la Constitution pacifiste de 1947. Dans le sillage de M. Koizumi, il était résolu à imposer le Japon comme une puissance décomplexée, une ligne idéologique qui l'avait conduit à créer le ministère de la défense (jusque-là appelé Agence de défense) et à faire des offres de service à l'OTAN. Son objectif était de "faire valoir les opinions du Japon dans l'élaboration des règles qui régissent le monde".

Simultanément, il avait tenté de réchauffer les relations avec ses voisins asiatiques – notamment la Chine et la Corée du sud – ulcérées par les visites de son prédécesseur au temple Yasukuni où, parmi les âmes des morts pour la patrie, sont honorés des criminels de guerre. Soucieux de désamorcer les passions sur le sujet, M. Abe s'était toujours refusé de préciser s'il rendrait visite un jour au temple.


Frédéric Bobin (avec AFP)

 

2007年8月5日日曜日

Au Japon, M. Abe dans la tourmente après la défaite électorale du PLD

Au Japon, M. Abe dans la tourmente après la défaite électorale du PLD
LE MONDE | 03.08.07 | 16h41 • Mis à jour le 03.08.07 | 16h41
TOKYO CORRESPONDANT



AP/Itsuo Inouye
Shinzo Abe (deuxième à droite) et Ichiro Ozawa (à gauche), président du PDJ, après un débat au Club de la presse à Tokyo.

Les pressions s'accentuent pour exiger la démission du premier ministre Shinzo Abe dont le Parti libéral- démocrate (PLD) a subi une cinglante défaite lors des élections sénatoriales du 29 juillet. Selon les sondages, plus de la moitié de l'opinion demande son départ et la plupart des journaux critiquent le fait qu'il s'accroche au pouvoir "en tournant le dos à la volonté populaire", écrit par exemple le quotidien Asahi Shimbun. Quant au Parti démocrate du Japon (PDJ), revigoré d'être devenu le premier parti à la Chambre basse, il monte aux créneaux.


Le gouvernement Abe et le PLD cherchent à faire de cette défaite une sorte de "non-événement", certes regrettable et dont il faut tirer des conséquences, mais qui ne remet pas en cause le mandat du premier ministre. Du point de vue du droit constitutionnel, l'argument se défend. Mais le vote a été un désaveu du cabinet Abe. Il est peu vraisemblable que le remaniement ministériel annoncé sera suffisant pour calmer le jeu. M. Abe a commencé par limoger, mercredi, le ministre de l'agriculture, Norihiko Akagi, impliqué dans une affaire de fausses factures.

Le président du PDJ, le pugnace Ichiro Ozawa, a qualifié d'"absurde" l'entêtement de M. Abe. Et il a ouvert le feu en annonçant que son parti s'opposerait à la prolongation de la mission d'appui de la marine japonaise aux forces internationales en Afghanistan. Ce qui ne pourrait que tendre un peu plus les relations avec Washington. M. Ozawa a décliné, jeudi, une demande de rencontre avec l'ambassadeur américain au Japon, Thomas Schieffer, estimant qu'elle n'était pas opportune.

L'adoption, le 30 juillet, par la Chambre des représentants américaine d'une résolution demandant au Japon de présenter ses excuses aux femmes contraintes à se prostituer pour l'armée impériale pendant la seconde guerre a été ressentie à Tokyo comme un camouflet. Cette résolution, qualifiée de "regrettable" par M. Abe, apparaît, juste après la défaite du PLD, comme le "coup de pied de l'âne" à un premier ministre qui avait choisi l'Europe et non les Etats-Unis pour son premier voyage à l'étranger. Le retrait de la Corée du Nord de la liste des pays soutenant le terrorisme - auquel Washington paraît s'être résolu - sera une nouvelle déconvenue pour Tokyo qui prône la fermeté à l'égard de Pyongyang.

Avec un parti gouvernemental affaibli et une opposition renforcée mais qui ne constitue pas, pour l'instant, une force d'alternance crédible étant donné son manque d'homogénéité, le Japon risque d'entrer dans une période de paralysie politique. La Chambre haute a constitutionnellement moins de pouvoir que la Chambre basse où le PLD dispose d'une forte majorité. Mais, dominée désormais par l'opposition, elle peut bloquer ou faire traîner l'adoption des lois. Depuis 1989, le PLD n'a plus, à lui seul, la majorité à la Chambre haute mais il en conservait le contrôle (avec l'appui de petits partis centristes) et surtout la présidence. Ce qui ne sera plus le cas pour les trois ans à venir.

Un phénomène est peut-être plus préoccupant que les conséquences sur la vie parlementaire de la défaite du PLD : l'apparente incapacité à réagir de ce parti qui, en plus d'un demi-siècle de pouvoir, a démontré son habileté à reprendre les situations en main. Personne ne sort du rang. Aucun de ses caciques ne présente une solution de rechange. Tout le monde semble rentrer la tête en espérant que la tempête va passer. Un calcul qui n'est pas forcément erroné : le PDJ n'est pas prêt à prendre le pouvoir et l'émergence d'un bipartisme au Japon semble encore éloignée.

Assemblage disparate de transfuges de droite et de centre gauche, le PDJ a bénéficié, le 29 juillet, d'un vote sanction du PLD plus que d'un soutien actif des électeurs. Il n'aurait peut-être pas leur aval si ceux-ci devaient se prononcer dans des élections générales ayant à la clef une alternance au pouvoir. Mais il n'en constitue pas moins une nouvelle force qui prive le PLD de sa position hégémonique et pourrait le contraindre à jouer la concertation.

Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 04.08.07.

 

2007年7月12日木曜日

Au Japon, les fonds d'investissement étrangers ne sont pas bienvenus

Au Japon, les fonds d'investissement étrangers ne sont pas bienvenus
LE MONDE | 11.07.07 | 14h13 • Mis à jour le 11.07.07 | 14h13
TOKYO CORRESPONDANCE

Au Japon, la polémique autour du nationalisme économique bat son plein. Mardi 10 juillet, le ministre chargé des services financiers, Yuji Yamamoto, s'est efforcé de rassurer les investisseurs étrangers au lendemain de l'échec cinglant du raid lancé par le fonds d'investissement américain Steel Partners sur le fabricant nippon de condiments Bulldog Sauce. Il est "impossible que la défaite d'un fonds étranger dans un cas juridique précis dissuade les investisseurs venus d'ailleurs de s'impliquer sur les marchés japonais", a expliqué M. Yamamoto.

Lundi, la cour d'appel de Tokyo avait débouté Steel Partners des plaintes qu'il avait déposées contre Bulldog Sauce, à qui il reprochait d'avoir décidé des mesures défensives illégales contre sa tentative de prise de contrôle hostile. Confirmant une décision du 28 juin, le tribunal a précisé que le fonds "avait montré que son principal objectif était d'empocher des profits par des transactions financières et, éventuellement, par la cession des actifs de la société". Qualifiant Steel Partners d'"acquéreur abusif", la cour d'appel de Tokyo a rappelé que "le profit est généré par des activités économiques impliquant, entre autres, les salariés et les consommateurs".

Mardi, Steel Partners a annoncé avoir fait appel devant la Cour suprême du Japon. Dans un communiqué, Warren Lichtenstein, le gérant du fonds, a rejeté la formule d'"acquéreur abusif" et signalé que le comportement de Steel Partners, présent depuis 2002 dans le capital de Bulldog, montrait qu'il était "un actionnaire engagé sur le long terme, dont les intérêts étaient les mêmes que ceux de l'entreprise".

"DÉFENDRE UNE HISTOIRE DE 105 ANS"

Le recours devant la Cour suprême ne devrait pas enrayer l'échec quasiment certain de l'offre hostile. Les bons de souscription distribués par Bulldog Sauce à tous les actionnaires, sauf Steel Partners, qui doit toucher en contrepartie 2,3 milliards de yens (13,6 millions d'euros), ont pris effet mercredi 11 juillet.

Selon le principe de la "pilule empoisonnée" - utilisée pour la première fois par une entreprise japonaise -, ces bons de souscription doivent permettre de diluer la part détenue par le fonds dans le capital du fabricant de condiments. Aujourd'hui à 10,15 %, elle devrait baisser à 3 % environ.

Steel Partners avait lancé le 16 mai son offre d'achat de la totalité des titres Bulldog Sauce, une société créée en 1902 dont les ventes ont progressé de 14 %, à 16,76 milliards de yens (99 millions d'euros) et les bénéfices avant impôts de 20 % à 970 millions de yens au cours de l'exercice 2006 (achevé en mars 2007). Le montant de l'investissement du fonds devait atteindre 27 milliards de yens.

Le 7 juin, Bulldog Sauce avait annoncé son intention de résister par tous les moyens à cette offensive. Shoko Ikeda, dirigeante du groupe, disait vouloir "défendre une histoire de 105 ans et une marque unique". Le 24 juin, l'assemblée générale des actionnaires adoptait à 83,4 % le plan de défense présenté par la direction, un vote qui a suscité la plainte en justice de Steel Partners. Il semble aussi avoir pesé sur la décision du tribunal régional de Tokyo, qui, le 28 juin, a mis en avant le respect de la volonté des actionnaires et l'absence de stratégie claire du fonds d'investissement sur l'avenir de Bulldog Sauce, pour justifier le premier rejet de la plainte.

La confirmation du jugement le 9 juillet a eu des effets immédiats sur les marchés. Les titres des sociétés dont Steel Partners est actionnaire ont tous reculé le lendemain. Kikkoman et Nissin Food Products, par exemple, ont perdu respectivement 3,9 % et 1,2 %.

Les entreprises comptant parmi leurs principaux actionnaires un fonds américain ou européen n'ont pas été épargnées. Doutor Coffee, dont le fonds Harbinger Capital Partners détient des parts, a vu son action reculer de 2,6 %.

Le feuilleton Bulldog a renforcé le sentiment général des investisseurs selon lequel les fonds étrangers ne sont pas bienvenus au Japon. En juin, les assemblées générales des actionnaires ont, dans leur grande majorité, rejeté les propositions émises par ces fonds venus d'ailleurs, qu'ils concernent une hausse des dividendes ou encore des nominations aux conseils d'administration. Steel Partners, mais aussi Brandes Investment Partners ou Safe Harbor Investment ont ainsi essuyé des échecs. En dépit des dénégations des pouvoirs publics et des propos gouvernementaux visant à minimiser l'affaire Bulldog, le Japon reste un marché très protégé, où les investissements étrangers ne représentent pas plus de 2,4 % de l'économie, contre 47,4 % en France.

L'entrée en vigueur le 1er mai de l'autorisation des "fusions triangulaires", permettant à une société étrangère d'unir sa filiale japonaise à un groupe de l'Archipel par échange d'actions, a semblé ouvrir la voix à un accroissement de ces investissements. Mais, sous pression du Nippon Keidanren, le patronat japonais, le gouvernement a assorti ces fusions de mesures fiscales très contraignantes, les rendant quasiment impossibles.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 12.07.07.