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2007年8月29日水曜日

Japon : Shinzo Abe remanie son gouvernement pour tenter de restaurer son image

Japon : Shinzo Abe remanie son gouvernement pour tenter de restaurer son image
LE MONDE | 27.08.07 | 14h55 • Mis à jour le 27.08.07 | 14h56
TOKYO CORRESPONDANT

Pour tenter de redresser son image après une humiliante défaite de son Parti libéral-démocrate (PLD) lors des élections sénatoriales de juillet, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a remanié son cabinet, lundi 27 août, en choisissant des hommes d'expérience pour les principaux portefeuilles. Si M. Abe ne parvient pas à remonter dans les sondages (sa popularité oscille entre 20 % et 30 %), il ne fait guère de doute que, confronté à une opposition majoritaire au Sénat et plus pugnace, il devra démissionner à plus ou moins brève échéance.

Le portefeuille des affaires étrangères a été attribué à Nobutaka Machimura, qui a occupé ces fonctions dans l'un des cabinets de son prédécesseur, Junichiro Koizumi, tandis que la défense échoit à un autre ancien chef de la diplomatie, Masahiko Komura. Yuriko Koike, première femme à avoir été brièvement à la tête de ce ministère, ne fait plus partie du cabinet.

Tandis que les finances reviennent à un politicien chevronné, Fukushiro Nukaga, le ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie (METI), Akira Amari, conserve ses fonctions. Un nouveau venu fait son entrée au gouvernement : Yoichi Masuzoe, qui devient ministre du travail et de la santé. Le secrétariat du cabinet et porte-parole du gouvernement a été attribué à une autre personnalité du PLD, Kaoru Yosano, qui devient ainsi le "bras droit" de M. Abe.

Le premier ministre s'est en outre efforcé de reprendre en main son parti. Il a attribué plusieurs portefeuilles aux chefs des clans qui le composent et il a placé à la tête du PLD son ex-ministre des affaires étrangères, Taro Aso.

Homme de droite, prétendant éventuel à la succession de M. Abe, M. Aso voit ainsi sa position renforcée : la direction du secrétariat général du PLD est stratégique pour briguer les fonctions de premier ministre.

Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 28.08.07.

 

Les Japonais exportent toujours plus de voitures, mais en achètent moins

Les Japonais exportent toujours plus de voitures, mais en achètent moins
LE MONDE | 27.08.07 | 14h06 • Mis à jour le 27.08.07 | 14h06
TOKYO CORRESPONDANCE


AFP/KEN SHIMIZU
Montage d'une Lexus, modèle de luxe de Toyota, à Miyata au Japon.


Tandis que les constructeurs nippons inondent la planète avec leurs voitures, les Japonais, eux, achètent de moins en moins de voitures.

Toyota, qui fête, mardi 28 août, ses 70 ans, doit annoncer cette semaine qu'il devrait dépasser les 10 millions de véhicules vendus en 2008. Mais pour assurer sa croissance, le nouveau numéro un mondial ne pourra pas compter sur son propre marché, qui ne cesse de décliner. Les ventes de voitures au Japon ont connu vingt-cinq mois consécutifs de baisse. Sur le premier semestre, le recul atteint 7,4 %, du jamais vu depuis 1977. Le marché est ainsi revenu à son niveau de 1985 !

Comment expliquer ce paradoxe : Toyota, Honda et Nissan sont parmi les constructeurs les plus rentables du monde, alors que leur marché intérieur est atone ?

Les coûts liés à la possession d'un véhicule sont un premier élément d'explication. "Les voitures coûtent trop cher", estime Yoshinobu Shigenaga, de l'Association japonaise des concessionnaires automobiles (JADA). Dans un contexte de stagnation des salaires, l'essence a augmenté, le litre dépassant les 140 yens (0,88 euro) cet été, contre 90 yens (0,57 euro) en 1999. En outre, le propriétaire d'un véhicule au Japon doit lui faire passer tous les deux ans un contrôle technique, le "shaken", d'un montant supérieur à 160 000 yens.

A cela s'ajoutent les frais d'assurance et de parking. Au moment d'acheter un véhicule, l'acquéreur doit prouver qu'il dispose d'un espace pour garer sa voiture. S'il n'en possède pas, le louer lui coûte en moyenne 40 000 yens (251 euros) par mois. Quand il se déplace, stationner son véhicule sur la voie publique étant interdit et passible d'une amende de 15 000 yens (94 euros), il doit recourir aux parkings publics, dont les montants peuvent atteindre 300 yens (1,90 euro) les quinze minutes.

Autre facteur d'explication, la concurrence d'un marché de l'occasion très compétitif. "Les modèles de seconde main sont généralement en excellent état", souligne M. Shigenaga. Sur ce marché, il n'y a, par exemple, aucun véhicule ayant été accidenté. Il ne trouverait pas preneur. La bonne affaire est d'autant plus fréquente que les marques japonaises sont parmi les meilleures du monde en termes de qualité.

L'évolution du comportement de la population a également un impact certain sur le niveau des ventes de voitures. Aujourd'hui, 20 % des Japonais ont plus de 65 ans. Cette proportion devrait grimper à 25 % en 2015, selon les projections du gouvernement. Or, plus on avance en âge, moins on est enclin à acheter une voiture neuve.

MODIFICATION DES COMPORTEMENTS
Dans le même temps, les jeunes hommes célibataires, qui ont longtemps tiré les ventes de voitures, ont aujourd'hui d'autres centres d'intérêts. "Ils n'aiment pas les voitures, déplore M. Shigenaga. Ils préfèrent consacrer leur argent aux services sur téléphones portables et aux jeux vidéo." Le temps où ils rognaient sur leurs dépenses pour s'offrir les derniers modèles ou effectuer de longues virées pendant leur temps libre, afin d'accumuler un maximum de kilomètres et comparer leur performance avec leurs amis, est révolu. Seulement 13 % des jeunes Tokyoïtes affirment posséder une voiture alors qu'ils étaient 23,6 % en 2000, selon les résultats d'une enquête du quotidien Nihon Keizai, dévoilés le 22 août. Sur la même période, le pourcentage de ceux qui souhaitent avoir un véhicule a chuté de 45,8 %, à 25,3 %. Le sondage révèle que, dans le même temps, 36 % de cette population préfèrent faire des économies, 8,2 points de plus qu'il y a sept ans.

Les familles elles-mêmes tendent à délaisser la voiture. Comme les célibataires, elles sont de plus en plus nombreuses à recourir à la location. Les loueurs proposent des formules de location pour six heures ou l'ouverture des agences 24 heures sur 24.

Autre phénomène en développement, celui du partage des véhicules, un secteur dominé par la société Orix, qui prévoit de doubler ses sites consacrés à cette activité à Tokyo.

Dans ce contexte morose pour eux, les concessionnaires s'efforcent de modifier leur comportement. De plus en plus choisissent d'élargir la gamme des véhicules proposés. D'autres modifient leurs techniques de ventes.

Chez Toyopet, le client est accueilli par une hôtesse. S'il s'intéresse à un modèle, il se voit confié à un commercial. Ce système, inspiré des techniques en vigueur dans l'hôtellerie, doit mettre à l'aise le client et lui laisser le temps de découvrir les produits.

Les constructeurs, eux, cherchent en permanence à améliorer les véhicules. L'accent est mis actuellement sur les systèmes d'aide au stationnement ou sur le confort et la douceur. L'objectif est de séduire les femmes qui, selon une étude effectuée par le constructeur Nissan, jouent un rôle décisif dans 60 % des achats de véhicules.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 28.08.07.


CHIFFRES

DURÉE D'UTILISATION D'UN VÉHICULE :
11,1 ans en 2006 contre 9,3 en 1996.

NOMBRE DE KILOMÈTRES PARCOURUS PAR VÉHICULE EN UN MOIS :
424 km en 2006, en baisse de 8 % par rapport à 1993.

NOMBRE DE TITULAIRES D'UN PERMIS DE CONDUIRE :
79, 3 en 2006 contre 71,2 en 1997.

NOMBRE DE VÉHICULES VENDUS EN UN AN :
4,6 millions en 2006 contre 5,1 en 1990 (chiffre jamais dépassé depuis).

NOMBRE DE VÉHICULES IMPORTÉS :
278 726 en 2006 contre 439 638 en 1996 (chiffre jamais atteint depuis).

NOMBRE DE VÉHICULES EXPORTÉS :
5,29 en 2006 contre 2,86 en 1996.

 

2007年8月25日土曜日

Dix condamnés ont été exécutés depuis l'arrivée au pouvoir de Shinzo Abe

Dix condamnés ont été exécutés depuis l'arrivée au pouvoir de Shinzo Abe
LE MONDE | 24.08.07 | 16h14 • Mis à jour le 24.08.07 | 16h14
TOKYO CORRESPONDANCE

AP/Lai Seng Sin
Le premier ministre japonais Shinzo Abe, vendredi 24 août en Malaisie. Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2006, dix condamnés à mort ont été exécutés au Japon.


Ignorant les critiques, le Japon a procédé à de nouvelles exécutions capitales. Trois condamnés à mort ont été pendus jeudi 23 août à l'aube, a fait savoir le ministère de la justice qui, comme à son habitude, n'a dévoilé ni leur identité ni les crimes commis. Selon les médias locaux et Amnesty International, les condamnés seraient Hifumi Takezawa, 69 ans, Yoshio Iwamoto, 63 ans, et Kozo Segawa, 60 ans, tous trois reconnus coupables de meurtres.


Ces exécutions portent à dix le nombre de condamnés à mort ayant vu leur peine appliquée depuis que Shinzo Abe est devenu premier ministre, en septembre 2006. Quatre, dont un chrétien, ont été exécutés le jour de Noël, trois le 27 avril. Auparavant, les pendaisons avaient connu un moratoire de quinze mois, période où le ministère de la justice était dirigé par Seiken Sugiura, un avocat aux convictions bouddhistes, opposé à la peine capitale. Son successeur, Jinen Nagase, y est, lui, favorable.

Les pendaisons ont suscité des critiques du Conseil de l'Europe, qui les a jugées " inadmissibles". René Van der Linden, le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil, a rappelé que "la peine de mort n'a pas de place dans le système moderne civilisé et son application relève de la torture et des peines inhumaines ou dégradantes au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme". Amnesty International a émis l'espoir que Tokyo s'engage, "dans un avenir proche, dans la voie de l'abolition de la peine capitale".

Le gouvernement nippon répond à ces critiques en affirmant que, selon les sondages, 80 % des Japonais sont favorables à la peine de mort. Désireux d'éviter tout débat public, il programme les exécutions lorsque le Parlement n'est pas en session où à quelques jours d'un remaniement ministériel. Au lendemain des pendaisons de Noël 2006, Mizuho Fukushima, avocate dirigeant le Parti social-démocrate et membre d'un groupe d'élus abolitionnistes, avait réclamé en vain un débat national. Les pendaisons de jeudi interviennent quatre jours avant un remaniement ministériel du cabinet Abe.

Actuellement, 103 détenus attendent dans les couloirs de la mort, contre une soixantaine il y a une dizaine d'années. Le plus connu est Shoko Asahara, le dirigeant de la secte Aum condamné en 2004 pour l'attentat au gaz sarin du métro de Tokyo en 1995. Tous vivent dans un isolement absolu et sous surveillance permanente.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 25.08.07.

 

2007年8月22日水曜日

Le nucléaire civil au centre de la visite du premier ministre japonais en Inde

Le nucléaire civil au centre de la visite du premier ministre japonais en Inde
LEMONDE.FR | 21.08.07 | 15h56 • Mis à jour le 21.08.07 | 16h30


AP/Manish Swarup
Le premier ministre japonais Shinzo Abe et son homologue indien Manmohan Singh, le 21 août 2007 à Delhi.



Des négociations en vue d'accords dans le domaine commercial et sur le nucléaire civil devraient être au centre du voyage du premier ministre japonais, Shinzo Abe, en Inde, commencé mardi 21 août. Pendant cette visite de trois jours, ce dernier rencontrera notamment son homologue indien, Manmohan Singh.


"Notre objectif est d'augmenter le volume de nos échanges commerciaux", a expliqué lundi le ministre des affaires étrangères indien, Shiv Shankar Menon. Evalué aujourd'hui à sept millions de dollars, une étude réalisée par la Fédération indienne des chambres de commerce et d'industrie rapporte que le montant des échanges entre les deux pays pourrait doubler en cinq ans.

Les deux gouvernements devraient annoncer un projet de construction du Delhi-Mumbai Industrial Corridor, un couloir entre Delhi et la capitale financière, Mumbai, incluant une voie ferrée, plusieurs ports et aéroports. Ce projet est évalué à plus de 90 millions de dollars.

NOUVELLES RELATIONS ÉCONOMIQUES

Par ailleurs, les deux dirigeants devraient évoquer la question d'un partenariat stratégique sur le nucléaire civil. Cette annonce relègue donc dans le passé les sévères critiques du Japon à l'encontre des tests nucléaires indiens en 1998.

La visite du M. Abe faisait les titres de la presse indienne, optimiste, mardi."Cette visite devrait redéfinir les contours des relations économiques indo-japonaises", commente le Hindustan Times. Un membre du gouvernement aurait même salué M. Abe comme étant "l'un des premiers ministres ayant les relations les plus amicales avec l'Inde", rapporte The Times of India.

Un enthousiasme que comprend bien la presse japonaise. Selon, l'Asahi Shimbun, "l'accord, bien que réciproque, sera particulièrement important pour l'Inde dans la mesure où ce pays essaye de courtiser les investisseurs étrangers", expliquait le quotidien dans son édition du 14 août. Néanmoins, aux yeux des analystes, ce partenariat stratégique entre l'Inde et le Japon pourrait se faire au détriment d'un troisième protagoniste : le voisin et géant chinois.

 

2007年8月17日金曜日

L'auto japonaise dédommage des victimes de la pollution



L'auto japonaise dédommage des victimes de la pollution
LE MONDE | 16.08.07 | 16h39 • Mis à jour le 16.08.07 | 16h39
TOKYO CORRESPONDANCE


REUTERS/© Kim Kyung Hoon / Reuters
Avec quelque 34 millions d'habitants, l'aire urbaine de Tokyo est la plus peuplée au monde. Elle est également très polluée.



Des constructeurs automobiles et de poids lourds vont dédommager des citoyens s'estimant victimes de la pollution de l'air des villes. Il s'agit sans doute d'une première mondiale. Les marques concernées, toutes japonaises, sont Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda. Ils ont accepté de régler à 520 plaignants la somme de 1,2 milliard de yens (7,4 millions d'euros). Ces sociétés consacreront également 3,3 milliards de yens (20,4 millions d'euros) à un programme d'aide médicale pour les asthmatiques de Tokyo.

L'accord entre les constructeurs et les plaignants a été conclu le 8 août à Tokyo. Il l'a été dans le cadre d'une médiation proposée par la cour d'appel de Tokyo et le tribunal régional de la capitale. Les citoyens indemnisés avaient déposé des plaintes contre le gouvernement japonais, la préfecture de Tokyo, la compagnie d'autoroutes Metropolitan Expressway Public Corporation et ces constructeurs automobiles.

Cet accord met fin à une procédure lancée, en 1996, par 99 personnes. Elles souffraient de problèmes respiratoires et s'estimaient victimes de la pollution provoquée par les véhicules diesel, tenus comme plus polluants que ceux fonctionnant à l'essence. Le nombre de plaignants avait augmenté au cours des onze ans qu'a duré l'affaire, et il se pourrait que l'accord du 8 août fasse des émules.

En 2002, le tribunal régional de Tokyo avait condamné la préfecture et la compagnie autoroutière à verser 79,2 millions de yens (489 000 euros) à sept plaignants vivant à moins de 50 mètres d'axes particulièrement fréquentés de la capitale.

Ce jugement exonérait les constructeurs de toute responsabilité, considérant qu'ils étaient tenus par ailleurs de s'assurer que les émissions de leurs véhicules ne provoquaient pas de graves problèmes de santé. Les constructeurs avaient estimé que ce jugement était équitable.

L'affaire a été examinée en appel cette année. Le 30 juin, les plaignants ont donc accepté le principe d'une conciliation. L'accord a été conclu après acceptation par les constructeurs automobiles du principe du versement de dédommagements aux victimes, dont les rangs s'étaient étoffés entre-temps.

Les sept constructeurs auraient finalement cédé par crainte de voir se ternir leur image de sociétés soucieuses de l'environnement. Manifestement désireux de rester discrets et de mettre un terme à cette affaire, ils n'ont pas officiellement réagi après l'annonce de l'accord. Outre sa durée, l'affaire a bénéficié d'une exposition médiatique de plus en plus importante. Ayant compris qu'ils y avaient tout intérêt, les plaignants ont organisé, le 27 juin, une manifestation devant le siège de Toyota. Ils voulaient montrer, selon les termes d'un participant, que "les constructeurs sont des persécuteurs et qu'il y a des victimes".

Même s'ils désiraient aboutir rapidement, ne serait-ce que parce que 108 des personnes ayant déposé plainte depuis 1996 sont aujourd'hui mortes, les plaignants se disent un peu frustrés par l'issue de l'affaire. Ils regrettent notamment que les constructeurs n'aient pas été reconnus "socialement responsables".

L'accord du 8 août n'a pas empêché le porte-parole du groupe des victimes, Junji Nishi, d'appeler à une "réduction importante de la pollution à Tokyo". C'est tout l'objet du second volet de la médiation, qui prévoit que le gouvernement, la préfecture de Tokyo et Metropolitan Expressway assureront la promotion des véhicules peu polluants, augmenteront les espaces verts le long des axes routiers et renforceront les mesures de la pollution atmosphérique.

Paradoxalement, une étude rendue publique, mercredi 15 août, par un club automobile allemand, VCD, met à l'honneur les automobiles japonaises : sept d'entre elles - de marque Honda, Toyota, Daihatsu et Mazda - figurent parmi les dix premières d'un classement fondé sur la consommation de carburant et l'émission de gaz polluants.

La pollution causée par les transports préoccupe de plus en plus le Japon, bien que ce pays a déjà reconnu qu'il ne pourra pas respecter ses engagements sur les émissions de gaz à effet de serre pris dans le cadre du protocole de Kyoto. Les autorités japonaises ont évoqué, mardi 14 août, le principe d'une réduction de la taxe sur les agrocarburants, qui pourrait être appliquée dès 2008.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 17.08.07.


AUTOMOBILE.
L'Etat de Californie engage en septembre 2006 des poursuites contre six constructeurs automobiles - General Motors, Chrysler, Ford, Toyota, Honda et Nissan - pour leur responsabilité dans le réchauffement climatique. L'affaire est en cours.

TABAC.
La Cour suprême de Floride annule en juillet 2006 une décision de justice condamnant cinq fabricants de cigarettes à payer à des fumeurs 145 milliards de dollars (113 milliards d'euros). En février 2005, les cigarettiers avaient remporté une première victoire face au département américain de la justice, qui leur réclamait 280 milliards de dollars (208 milliards d'euros) pour avoir "sciemment trompé le public sur les risques représentés par la cigarette".

ALIMENTATION.
La cour d'appel de New York juge recevable en janvier 2005 une plainte de deux adolescentes contre la chaîne de restauration McDonald's. Elles accusent la société d'être responsable de leur obésité.

 

2007年8月15日水曜日

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa pourrait rester arrêtée encore un an

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa pourrait rester arrêtée encore un an
LE MONDE | 14.08.07 | 15h34 • Mis à jour le 14.08.07 | 15h34
TOKYO CORRESPONDANCE


AP
Le séisme du 16 juillet 2007 a occasionné d'importants dégâts à la centrale nucléaire de Kashiwazaki Kariwa, l'une des plus grosses du monde, contrainte à la fermeture jusqu'à une date indéfinie.


Le cas de la centrale japonaise de Kashiwazaki-Kariwa est en discussion à Vienne, au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La direction de l'agence onusienne a auditionné, lundi 13 août, l'équipe d'inspecteurs ayant visité le site touché par le séisme de magnitude 6,8 survenu dans la préfecture de Niigata le 16 juillet. Menée par Philippe Jamet, directeur du département de sûreté des installations au sein de l'AIEA, elle a passé quatre jours dans l'enceinte de la centrale.

Au terme de l'inspection, le 10 août, M. Jamet a déclaré que le redémarrage de la centrale, d'une puissance supérieure à huit gigawatts, ne pourrait pas intervenir avant "plusieurs mois, voire une année". Reconnaissant que l'équipe s'était sentie "libre d'enquêter sur tout", l'expert français a insisté sur la nécessité d'"élaborer une méthodologie" avant de remettre en service les sept réacteurs de la centrale.

Après l'avoir refusée, le Japon a finalement accepté, fin juillet, la venue des experts de l'AIEA à Kashiwazaki-Kariwa. Le gouvernement a cédé aux pressions des autorités locales et des habitants de la région. L'inquiétude de la population a été alimentée par le comportement de Tepco, la compagnie d'électricité de Tokyo, propriétaire de la centrale.

Le séisme a provoqué plusieurs dizaines d'incidents, dont des fuites radioactives. Tepco, déjà reconnue coupable dans le passé d'avoir dissimulé maints problèmes, parfois critiques, a cette fois encore tardé à les reconnaître. Elle a fini par admettre que la centrale de Kashiwazaki-Kariwa n'avait pas été conçue pour résister à un séisme d'une telle violence.

Désireux de rassurer une opinion publique plutôt hostile au nucléaire, le gouvernement a établi, en septembre 2006, de nouvelles normes antisismiques pour la construction des centrales. Le 10 août, il a, dans un rapport sur le nucléaire, signalé que "la sécurité devait être une priorité absolue".

Dans une tribune publiée le lendemain par le quotidien Asahi, Katsuhiko Ishibashi, expert en sûreté urbaine à l'université de Kobe, soulignait l'insuffisance des nouvelles normes qui exigent une capacité de résistance à des accélérations de 450 gal (1 gal = 1 cm/s²) maximum. Pour lui, une centrale devrait pouvoir résister "à une accélération générée par un séisme de magnitude de 7,3, soit potentiellement 1 000 gal". Celle causée par le tremblement de terre de juillet a atteint 993 gal.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 15.08.07.

 

2007年8月14日火曜日

Les exportations et la consommation pénalisent la croissance japonaise

Les exportations et la consommation pénalisent la croissance japonaise
LE MONDE | 13.08.07 | 16h11 • Mis à jour le 13.08.07 | 16h11
TOKYO CORRESPONDANCE

Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a progressé de 0,1 % entre avril et juin 2007 (+ 0,5 % en glissement annuel, un chiffre inférieur aux estimations des économistes, qui tablaient sur un gain de 1 % sur un an).

Même si le pays enregistre son 10e trimestre consécutif de croissance positive, cette annonce, faite lundi 13 août par le gouvernement, témoigne d'un ralentissement certain. Au cours des trois premiers mois de l'année, la croissance avait été de 0,8 % et de 1,3 % entre octobre et décembre 2006.

Cette modeste performance est due à la faible hausse des exportations (+ 0,9 %, contre + 3,4 % entre janvier et mars). La contraction de la demande en produits japonais aux Etats-Unis semble en être la principale cause.

Quant à la demande intérieure, elle n'a quasiment pas progressé. Les particuliers étant confrontés à une stagnation durable des salaires, la consommation des ménages n'a pas dépassé les 0,4 %, contre 0,8 % le trimestre précédent.

Le principal moteur de la croissance, entre avril et juin, aura été les investissements des entreprises (+ 1,2 %, contre + 0,3 % entre janvier et mars).

Cette annonce se produit au moment où la Banque du Japon (BoJ) multiplie, en coordination avec la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale notamment, les interventions sur les marchés pour limiter l'impact de la crise du crédit à risque aux Etats-Unis. Elle l'a fait lundi à hauteur de 600 milliards de yens (3,7 milliards d'euros) après avoir injecté 1 000 milliards de yens (6,2 milliards d'euros) vendredi.

La progression du PIB et les problèmes sur les marchés ont relancé les spéculations sur l'évolution de sa politique monétaire. La BoJ réunit son conseil politique les 22 et 23 août. Une hausse du taux directeur, actuellement à 0,5 %, était attendue. Elle pourrait être reportée.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 14.08.07.