フランスから見た日本:フランス語で日本関連ニュースを紹介

2007年9月11日火曜日

Panne de croissance au Japon au deuxième trimestre

Panne de croissance au Japon au deuxième trimestre
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 10.09.07 | 09h34

REUTERS/YURIKO NAKAO
La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 2,22% lundi 10 septembre.


L'économie japonaise s'est contractée pour la première fois depuis trois trimestres entre avril et juin, a annoncé la ministère de l'Economie lundi 10 septembre. Le produit intérieur brut nippon a reculé de 0,3% par rapport au trimestre précédent, soit une baisse de 1,2% en rythme annuel. Les chiffres dévoilés sont en decà des prévisions des économistes qui tablaient sur un recul de 0,2%. Ces estimations avait déjà été revues à la baisse après l'annonce la semaine dernière d'une baisse de 4,9% en rythme annualisé des investissements des entreprises pour la première fois depuis plus de quatre ans.

Le gouvernement maintient toutefois son diagnostic sur la poursuite de la reprise économique. "Je pense que la tendance d'une reprise durable va continuer", a commenté le ministre des Finances, Fukushiro Nukaga, en se fondant sur une remontée progressive de la demande des ménages et une amélioration des bénéfices des entreprises.

Cette optimisme est tempéré par certains analystes. Selon un économiste de l'institut de recherche NLI, Taro Saito, le PIB devrait rebondir au troisième trimestre, mais à un rythme modéré, la croissance japonaise risquant de subir les effets d'un ralentissement de l'économie américaine. "Il semble difficile d'envisager un rebond tiré par les exportations au deuxième semestre", a-t-il expliqué.

CLIMAT DE CRISE POLITIQUE

L'annonce d'un recul du PIB au deuxième trimestre a amplifié les craintes des investisseurs, déjà déprimés par la crise des prêts hypothécaires et les mauvaises nouvelles sur le front de l'emploi aux Etats-Unis. La Bourse de Tokyo a réagi vivement et clôturé en baisse de 2,22% lundi.

D'autant plus que les mauvaises statistiques s'accumulent dans un climat de crise politique. Le Premier ministre conservateur Shinzo Abe, très affaibli par des scandales à répétition impliquant certains de ses ministres, a néanmoins de nouveau exclu de démissionner lundi, se disant déterminé à "poursuivre les réformes".

 

Japon : Shinzo Abe aborde la rentrée parlementaire sur la défensive

Japon : Shinzo Abe aborde la rentrée parlementaire sur la défensive
LE MONDE | 10.09.07 | 15h21 • Mis à jour le 10.09.07 | 15h21
TOKYO CORRESPONDANT

peine deux semaines après avoir formé un cabinet destiné à redresser son image, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, est de nouveau éclaboussé par des scandales dans lesquels sont impliqués des membres de son gouvernement. Alors que le remaniement du 27 août semblait lui avoir apporté un peu d'oxygène, il aborde la rentrée parlementaire, lundi 10 septembre, sur la défensive. Le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche) qui dispose, depuis les élections du 29 juillet, de la majorité à la Chambre haute, demande sa démission et des élections législatives anticipées, arguant de son manque de jugement dans le choix de son entourage.


Quelques jours après la formation d'un cabinet de rassemblement dans lequel figurent plusieurs "poids lourds" du Parti libéral-démocrate (PLD), les démissions de membres du gouvernement, accusés d'irrégularités financières, se succèdent. Cela a été le cas, le 3 septembre, du ministre de l'agriculture, Takehiko Endo.

Ce portefeuille, il est vrai, ne porte guère chance à ses détenteurs : son titulaire dans le premier cabinet Abe s'était suicidé et son remplaçant, empêtré dans des affaires peu claires, avait quelque peu terni l'image du gouvernement à la veille des élections sénatoriales. A peine nommé, le successeur de M. Endo, Masatoshi Wakabayashi, a été accusé d'avoir reçu des fonds politiques d'une association de pêcheurs subventionnée... par le ministère de l'agriculture.

Entre-temps, deux vice-ministres et un sénateur libéral-démocrate ont démissionné pour indélicatesses. Un autre ministre, Ichiro Kamoshita (environnement) est aussi en difficulté. Et samedi, c'est le ministre de l'intérieur et des communications, Hiroya Masuda, qui a reconnu une erreur de comptabilité dans ses fonds politiques.

OPTION RISQUÉE

A cette polémique s'ajoute la bataille sur la question du renouvellement de la loi autorisant la marine nippone à ravitailler, dans l'océan Indien, les navires des forces alliées engagées en Afghanistan, qui expire le 1er novembre. Le PDJ s'y oppose. Le gouvernement devra vraisemblablement composer en proposant une nouvelle loi tenant compte de certaines exigences des démocrates.

Le PLD dispose d'une confortable majorité à la Chambre basse mais, fort de celle qu'il vient d'obtenir au Sénat, le PDJ peut faire traîner en longueur le processus législatif. Le premier ministre a peu de marges de manoeuvre. Dans le climat actuel, menacer de dissoudre la Chambre basse pour "reprendre la main" est une option risquée pour le PLD. Le PDJ, de son côté, ne semble pas y être vraiment préparé, craignant un retour de balancier vers le parti gouvernemental si le versatile électorat flottant, qui a sanctionné ce dernier en juillet, estime que l'opposition ne constitue pas encore une force d'alternance crédible.

Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 11.09.07.

 

2007年9月6日木曜日

Le Japon craint de voir la RPDC rayée de la liste des "Etats terroristes"

Le Japon craint de voir la RPDC rayée de la liste des "Etats terroristes"
LE MONDE | 05.09.07 | 15h25 • Mis à jour le 05.09.07 | 20h49
TOKYO CORRESPONDANT

La mise au point de Washington sur le caractère prématuré de l'annonce de Pyongyang sur la suppression de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) de la liste des pays soutenant le terrorisme a été accueillie avec soulagement à Tokyo.

Cette annonce est en effet intervenue à la veille de l'ouverture, mercredi 5 septembre à Oulan-Bator (Mongolie) des premiers pourparlers depuis six mois entre Pyongyang et Tokyo. Et elle avait pour but d'affaiblir la position japonaise sur le dossier des Japonais enlevés dans les années 1970-1980 par des agents de Pyongyang, principale question à l'ordre du jour. Cette affaire a isolé le Japon dans les négociations multilatérales avec la RPDC. Elle a pris, dans l'Archipel, une telle dimension émotionnelle qu'il est très difficile à Tokyo de justifier auprès de l'opinion une attitude soudainement plus conciliante vis-à-vis de Pyongyang.


Le jour où Washington retirera la Corée du Nord de la liste des pays soutenant le terrorisme, la position de Tokyo vis-à-vis de Pyongyang sera très affaiblie. Et depuis que cette concession américaine est à l'ordre du jour - à la suite de l'accord du 13 février sur la dénucléarisation de la RPDC -, le gouvernement de Shinzo Abe exhorte l'administration Bush à ne pas céder sur ce point.

La RPDC a libéré cinq personnes enlevées et affirme que les huit autres sont mortes. Pour Pyongyang, l'affaire est close. Tokyo exige des preuves convaincantes de ces décès et des éclaircissements sur le sort d'autres disparus.

Pour l'instant, Washington ménage son allié japonais. "Les Etats-Unis nous ont fait savoir qu'ils n'amélioreraient pas leurs relations avec la RPDC au détriment de l'alliance nippo-américaine", a déclaré le ministre des affaires étrangères, Nobutaka Machimura. Il n'en reste pas moins que les dirigeants japonais sont conscients des avancées des pourparlers entre Américains et Nord-Coréens.

On pense à Tokyo que la décision politique de Washington de rayer la RPDC de la liste des pays terroristes (sur laquelle elle figure depuis 1988 à la suite de l'attentat, en 1987, contre un avion de Korean Air qui a fait 115 victimes) est d'ores et déjà prise. C'est en effet une des demandes pressantes - et à terme incontournable - de Pyongyang pour faire avancer les pourparlers sur le nucléaire.

Lors des entretiens, en avril, entre Shinzo Abe et George Bush, ce dernier a déclaré "ne pas oublier la question des kidnappés japonais". Mais la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, a aussi précisé que la résolution de cette affaire n'est pas une précondition pour rayer la RPDC de la liste des Etats soutenant le terrorisme. C'est bien pour le rappeler aux Japonais que Pyongyang a fait cette annonce.

Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 06.09.07.

 

Washington satisfait de sa négociation avec Pyongyang

Washington satisfait de sa négociation avec Pyongyang
LE MONDE | 05.09.07 | 15h25 • Mis à jour le 05.09.07 | 15h25
WASHINGTON CORRESPONDANTE

Si elle a été obligée de battre en retraite sur la démocratisation du Moyen-Orient, l'administration Bush estime être au moins sur la voie d'un succès diplomatique dans la gestion de la crise nord-coréenne. A part quelques esprits grincheux, comme John Bolton, l'ancien ambassadeur américain à l'ONU, qui ne décolère pas contre "l'indulgence" de l'administration Bush à l'égard de Pyongyang, la classe politique se félicite généralement de la volte-face qui a amené des officiels américains à rencontrer en tête-à-tête des représentants d'un pays qualifié jusqu'en 2003 d'"Etat voyou".

En négociant patiemment avec la Corée du Nord dans le cadre multilatéral des pourparlers à six (Chine, Japon, Etats-Unis, deux Corées, Russie), l'administration Bush montre qu'elle n'a pas mérité "sa caricature de clique néoconservatrice obsédée par les attaques préventives", résume Michael Mazarr, professeur à l'Ecole navale, dans la revue Foreign Affairs. La diplomatie coréenne de Washington doit beaucoup au négociateur Christopher Hill, l'un des lieutenants de Condoleezza Rice au secrétariat d'Etat. Pendant des mois, les télévisions l'ont montré à Pékin, où avaient lieu les entretiens, avec son anorak et sa mallette de voyageur de commerce. Il faisait deux fois par jour le résumé des discussions au point qu'il est désormais plus connu en Asie qu'aux Etats-Unis. Jamais on ne l'a entendu dénigrer Pyongyang, dont le leader Kim Jong-il avait été gratifié de son entier "mépris" par le président Bush.

Ancien collaborateur de Richard Holbrooke pendant la négociation des accords de Dayton sur la Bosnie, mais surtout ex-ambassadeur à Séoul, M. Hill a d'abord rencontré son homologue nord-coréen entre deux portes, à la faveur d'une rencontre "accidentelle" ménagée par les Chinois, puis de plus en plus ouvertement jusqu'à l'accord du 13 février sur la fermeture du réacteur à plutonium de Yongbyon. Avec le feu vert de Mme Rice, il s'est débrouillé pour contourner les "faucons" de l'administration et le tabou qu'ils avaient imposé sur les discussions directes. "La meilleure diplomatie commence à domicile", a-t-il expliqué au Washington Post.

Le week-end dernier, M. Hill a tenu une nouvelle rencontre bilatérale avec son homologue Kim Kye-gwan, à Genève. Les réunions précédentes avaient eu lieu à New York et à Berlin. "L'administration ne voulait pas de Genève, qui rappelle l'accord de 1994 (sur le nucléaire nord-coréen) conclu par (l'ancien président) Bill Clinton, explique un expert : mais c'était pratique. Les Nord-Coréens y ont une ambassade importante." Après deux jours de discussions, M. Hill a fait état d'un élargissement des négociations, Pyongyang ayant accepté de révéler l'ensemble de ses programmes nucléaires - donc d'aborder le mystère sur les équipements achetés au réseau du scientifique pakistanais Abdul Qadeer Khan - et de les démanteler avant la fin de l'année.

La partie américaine a-t-elle décidé en contrepartie de retirer la Corée du Nord de la liste des Etats qui soutiennent le terrorisme, comme l'a aussitôt affirmé un porte-parole du ministère des affaires étrangères à Pyongyang ? En partance pour Sydney où se tient le Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC), M. Hill a démenti toute action immédiate. "Leur retrait de la liste dépendra de la poursuite de la dénucléarisation", a-t-il indiqué, sans autre précision. Le porte-parole adjoint du département d'Etat, Tom Casey, a laissé entendre que Washington travaillait à la mise en place du processus de retrait, qui nécessite de multiples étapes législatives au Congrès. Pour la Libye, il a fallu deux ans. Selon les analystes, l'administration va commencer à préparer la législation et "voir si les Coréens font ce qu'elle attend". Au bout du processus est prévue une réunion ministérielle à Pékin qui verrait le chef de la diplomatie nord-coréenne s'asseoir à la même table que son homologue américain. Ce qui ne serait pas sans rappeler le voyage de Madeleine Albright à Pyongyang, en 1994. "Après six ans, le processus est revenu à son point de départ", déplore le professeur Mazarr, avant d'ajouter : "La différence est que la Corée du Nord a apparemment triplé son arsenal nucléaire."

John Bolton est persuadé que Washington se fait berner et que Pyongyang reprendra son programme clandestin comme durant les années Clinton. George Perkovich, du Carnegie Endowment for International Peace, se félicite de ce que l'administration lutte contre l'escalade nord-coréenne à coup de "pots-de-vin", mais il remarque que personne n'a encore développé de "théorie convaincante" sur la raison pour laquelle Kim Jong-il accepterait de se débarrasser d'un arsenal consubstantiel à sa survie.

Corine Lesnes
Article paru dans l'édition du 06.09.07.

 

Pyongyang serait prêt à démanteler toutes ses installations nucléaires

Pyongyang serait prêt à démanteler toutes ses installations nucléaires
LE MONDE | 03.09.07 | 15h31 • Mis à jour le 03.09.07 | 15h31
TOKYO CORRESPONDANT

La Corée du Nord a accepté de révéler l'ensemble de ses programmes nucléaires et de les démanteler avant la fin de l'année, a annoncé, dimanche 2 septembre, Christopher Hill. Le négociateur américain se prononçait à l'issue de deux jours d'une réunion, à Genève, du groupe de travail créé à la suite de l'accord du 13 février entre les six pays (Chine, les deux Corées, Etats-Unis, Japon et Russie) engagés dans les pourparlers sur la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).


"Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que la RPDC fournira une déclaration complète de tous ses programmes nucléaires et les démantèlera d'ici à la fin de l'année", a déclaré M. Hill, secrétaire d'Etat adjoint chargé de l'Asie de l'Est et du Pacifique. "Complète signifie complète", a répondu, laconique, le négociateur américain aux journalistes. Selon lui, la déclaration sur les installations nucléaires inclura des éclaircissements sur un programme d'enrichissement de l'uranium que les Etats-Unis accusent Pyongyang d'avoir poursuivi clandestinement.

La prochaine réunion à six est prévue en octobre à Pékin. La RPDC, qui a procédé, en octobre 2006, à un essai atomique, a respecté le premier engagement de l'accord du 13 février 2007 - la fermeture de sa principale centrale nucléaire, à Yongbyong, qui produit du plutonium - en échange d'une aide énergétique.

L'optimisme affiché par Christopher Hill est accueilli avec scepticisme par les observateurs des affaires nord-coréennes. Le négociateur américain ne s'est pas attardé sur les contreparties offertes à Pyongyang. Une des demandes de la RPDC est d'être rayée de la liste des pays soutenant le terrorisme dressée par Washington. Interrogé sur l'inclusion de cette question dans l'accord intervenu à Genève, le négociateur nord-coréen Kim Gye-gwan a répondu de manière ambiguë : "Je souhaite que ce soit ainsi que vous l'entendiez."

La Corée du Nord a d'autres demandes à faire valoir : levée des sanctions frappant un "pays ennemi" en vigueur depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953) ; signature d'un accord de paix avec les Etats-Unis et fourniture d'un réacteur à eau légère dans le cadre des contreparties à sa dénucléarisation.

Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 04.09.07.

 

2007年9月4日火曜日

Le gouvernement japonais confronté à une nouvelle démission

Le gouvernement japonais confronté à une nouvelle démission
LEMONDE.FR avec AFP | 03.09.07 | 09h57 • Mis à jour le 03.09.07 | 10h32


AP/Shuji Kajiyama
Le ministre de l'agriculture japonais, Takehido Endo, a annoncé sa démission, le 3 septembre 2007.


C'est un coup dur pour le premier ministre japonais, Shinzo Abe : son ministre de l'agriculture, Takehido Endo, mêlé à un scandale financier, a démissionné, lundi matin 3 septembre. Il est le cinquième ministre à devoir quitter le gouvernement depuis l'arrivée au pouvoir de M. Abe, il y a un an.


Le chef du gouvernement conservateur retrouvait pourtant un semblant de popularité, une semaine après avoir remanié son équipe, comme promis après la débâcle de son Parti libéral-démocrate aux élections sénatoriales, fin juillet.

SUBVENTIONS ILLÉGALES

Dans un premier temps, le ministre de l'agriculture, un député vétéran du PLD promu lundi dernier, avait exclu de démissionner, malgré une menace de motion de censure par l'opposition. Il a cependant présenté des excuses après avoir reconnu qu'un organisme de mutualité sociale agricole qu'il dirigeait avait perçu une subvention illégale de plus d'un million de yens (6 330 euros). Il a également admis avoir accepté un petit don politique de 50 000 yens en 2005, de la part d'une coopérative agricole subventionnée par l'Etat, ce qui est prohibé. L'argent a été rendu.

L'affaire tombe on ne peut plus mal pour le premier ministre conservateur, à une semaine de l'ouverture de la nouvelle session parlementaire. Le chef de l'opposition, Ichiro Ozawa, réclame sa démission et s'est engagé à se battre pour obtenir une dissolution de la Chambre des députés et des élections législatives anticipées.

 

2007年9月1日土曜日

L'opposition nippone refuse tout soutien logistique aux troupes étrangères en Afghanistan

L'opposition nippone refuse tout soutien logistique aux troupes étrangères en Afghanistan
LE MONDE | 31.08.07 | 15h06 • Mis à jour le 31.08.07 | 15h06
TOKYO CORRESPONDANT

La modification des équilibres de politique intérieure à la suite de la victoire de l'opposition démocrate aux élections sénatoriales de juillet pourrait se faire sentir sur la politique étrangère du Japon.

La chancelière allemande Angela Merkel, en visite à Tokyo, a pu mesurer, mercredi 29 août, la détermination du chef de l'opposition, Ichiro Ozawa, à refuser la prolongation de la mission d'appui logistique apporté par la marine japonaise dans l'océan Indien aux forces américaines et internationales engagées en Afghanistan. A moins d'être reconduite par un vote au Parlement - dont la Chambre haute est désormais contrôlée par le Parti démocrate -, cette mission prend fin le 1er novembre.

Après avoir éconduit il y a deux semaines l'ambassadeur américain, Thomas Schieffer, qui le pressait de reconsidérer sa position, M. Ozawa a réitéré son refus de reconduire cette mission au cours d'un entretien avec Mme Merkel, qui faisait valoir l'importance de celle-ci pour les navires allemands dans la région.

M. Ozawa, qui est opposé au déploiement des troupes de l'OTAN en Afghanistan, a déclaré ne pas être hostile à la participation des forces japonaises à des missions à l'étranger, à condition que celles-ci aient été autorisées par les Nations unies. "Rien de vous oblige à suivre le point de vue unilatéral des Etats-Unis", a-t-il lancé à Mme Merkel, qui doit faire face dans son pays à une opposition à la présence des troupes allemandes en Afghanistan.

"GUERRE AMÉRICAINE"

Selon M. Ozawa, le Japon n'a pas à participer à une "guerre américaine". Cette guerre a été déclenchée par les Etats-Unis seuls, sans concertation avec la communauté internationale et elle n'a aucune relation directe avec la paix et la sécurité du Japon, fait-il valoir.

Selon un sondage du quotidien de droite Sankei, 54 % des Japonais sont opposés à la prolongation de la mission de leur marine dans l'océan Indien.

En dépit de l'écrasante majorité dont dispose le parti gouvernemental à la Chambre basse, il est peu probable que la reconduction de cette mission, décidée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, pourra être votée avant le 1er novembre, si l'opposition, majoritaire au Sénat, fait obstruction.

La détermination de M. Ozawa sur cette question, qui n'est pas partagée par la droite de son parti, va conduire au premier affrontement au Parlement - en session à partir du 31 août - entre une opposition revigorée et le nouveau cabinet Abe. Ce dernier s'est engagé auprès de Washington à prolonger la mission de la marine nippone. Mais il devra vraisemblablement composer. M. Ozawa doit présenter à la Diète une contre-proposition accroissant l'aide civile à l'Afghanistan et excluant une participation du Japon à la guerre contre les talibans.

La non-reconduction par Tokyo de la mission de sa marine dans l'océan Indien risque d'avoir un "impact négatif certain" sur les relations entre les deux pays, a mis en garde l'ambassadeur américain.

Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 01.09.07.